L’ours brun dans les Pyrénées françaises
Description et habitat
L’ours brun (Ursus arctos) est le plus grand mammifère terrestre français. Il vit dans les Pyrénées entre 600 et 2000 mètres d’altitude, avec une préférence pour la forêt de hêtres et de sapins.Comportement et alimentation
L’ours brun est :- Un animal solitaire, les femelles et les mâles ne se rencontrent qu’au moment du rut.
- Omnivore à dominante végétarienne (75% de végétaux, 25% d’aliments d’origine animale).
- Opportuniste, avec un régime qui varie selon les saisons et les ressources disponibles
- Des fruits secs et charnus.
- Des végétaux herbacés.
- Des tubercules.
- Des insectes.
- Des ongulés sauvages ou domestiques.
- Des micromammifères.
- Des amphibiens
Reproduction
- La période de rut s’étend de fin avril à mi-juin.
- La gestation dure 8 à 10 semaines.
- Les oursons naissent durant l’hiver dans la tanière d’hibernation.
- 1 à 3 oursons par portée.
- Faible taux de survie des oursons la première année
Sommeil hivernal
- L’ours entre en dormance de novembre à mars/avril selon le sexe.
- Il s’agit d’une période de repos, pas une véritable hibernation.
- L’ours peut se réveiller et se déplacer pendant les redoux
Population et conservation
La population d’ours bruns dans les Pyrénées françaises est fragile et nécessite des actions de conservation :- Seulement une quarantaine d’individus.
- Faible diversité génétique.
- Braconnage et accidents routiers.
- Dégâts sur les ruches et les troupeaux
Quelques actions mises en place pour la conservation de l’espèce :
- Suivi des ours équipés de colliers émetteurs
- Analyse génétique à partir des crottes et poils pour estimer la population
- Campagnes d’information et de sensibilisation du public
- Mesures de protection des ruches avec des clôtures électriques
- Aide à la mise en place de mesures de protection des troupeaux (chiens de protection, parcs de regroupement nocturne)
- Indemnisation des éleveurs pour les pertes de bétail
- Renforcement de la population par des réintroductions d’ours venant de Slovénie
La préservation de l’ours dans les Pyrénées est essentielle pour le maintien de la biodiversité et des équilibres écologiques. Elle nécessite un effort collectif associant état, collectivités territoriales, associations de protection de la nature et monde agricole.
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Le loup gris (Canis lupus italicus) en France
Le loup gris, sous-espèce Canis lupus italicus, est présent de façon naturelle en France depuis son retour dans les années 1990. Après avoir disparu du paysage français dans les années 1930 suite à des siècles de persécution, le loup a effectué un retour remarqué dans les Alpes du Sud au début des années 1990.
Biologie et écologie du loup
Le loup gris est un mammifère carnivore appartenant à la famille des canidés. C’est un prédateur efficace qui chasse principalement en meute.
Caractéristiques physiques
Le loup gris présente les caractéristiques physiques suivantes :
- Taille : 60 à 90 cm au garrot pour un poids de 30 à 50 kg.
- Fourrure gris argenté, avec des nuances de roux ou de noir.
- Museau effilé, oreilles triangulaires dressées.
- Queue touffue et fournie
Le dimorphisme sexuel est peu marqué, les femelles étant un peu plus petites que les mâles.
Organisation sociale
Le loup est un animal grégaire qui vit en meute familiale de 5 à 7 individus en moyenne. La meute est dirigée par un couple dominant (couple Alpha), seul à se reproduire. Les jeunes restent en général avec la meute pendant 2 à 3 ans avant de partir en dispersion.
Alimentation
Le loup est un prédateur opportuniste qui s’adapte aux proies disponibles localement. En France, son régime alimentaire est composé majoritairement d’ongulés sauvages comme le chevreuil, le sanglier ou le cerf. Il peut occasionnellement s’attaquer aux troupeaux domestiques non surveillés et non protégés. Le loup est aussi charognard, consomme des petits rongeurs et des baies.
Reproduction
La reproduction a lieu une fois par an, entre février et avril. Après 62 à 75 jours de gestation, la louve met bas une portée de 4 à 6 louveteaux dans une tanière. Les jeunes sont sevrés vers 5-6 semaines et restent dépendants des adultes pendant 6 à 10 mois. La maturité sexuelle est atteinte vers 22 mois.
Longévité
L’espérance de vie du loup est de 6 à 8 ans à l’état sauvage, mais peut atteindre 15 ans en captivité. Dans la nature, la mortalité est très élevée chez les jeunes.
Distribution et population en France
Le loup gris était présent partout en France jusqu’à son extermination complète dans les années 1930. À partir de la fin de l’année 1992, l’espèce a recolonisé naturellement le territoire français depuis l’Italie.
Zones de présence
En 2023, le loup est présent principalement :
- Dans les Alpes françaises (Savoie, Haute-Savoie, Isère, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes).
- Dans le Sud-Est (Drôme, Vaucluse, Var, Bouches-du-Rhône).
- De façon plus sporadique dans le Jura, les Vosges, le Massif Central, les Pyrénées et d’autres départements.
Des individus en dispersion erratique sont détectés loin des zones de présence permanente.
Effectifs
La population de loups était estimée à 921 individus pour l’hiver 2021-2022 sur l’ensemble du territoire français selon l’Office Français de la Biodiversité. A noter que ce nombre est contesté et le mode de calcul est opaque. La population est légère augmentation grâce à une relative protection de l’espèce mais celle-ci reste très fragile.
Menaces et protection
Malgré son statut d’espèce protégée, le loup fait face à plusieurs menaces en France.
Braconnage
Le braconnage par tirs ou empoisonnements, bien que difficile à évaluer précisément, est une menace récurrente pour l’espèce. Des individus sont régulièrement retrouvés morts dans des conditions suspectes. Des associations comme le KDL ou la LPO saissent régulièrement la justice. Le Cabinet d’avocats ANIMALEX intervient souvent dans les tribunaux.
Collision routière
De nombreux loups meurent chaque année renversés sur les routes françaises, notamment les jeunes en phase de dispersion.
Tirs légaux
Des tirs de loups sont autorisés par l’État dans le cadre de mesures de protection des troupeaux domestiques. Le nombre de loups abattus légalement est controversé, certaines associations (KDL, LPO, CVN) jugeant ce niveau de tir trop élevé.
Protection juridique
Le loup bénéficie d’un statut d’espèce strictement protégée en France depuis 1993. Il est inscrit à l’Annexe II de la Convention de Berne et aux Annexes II et IV de la Directive Habitats.
Le loup et l’Homme
Les relations entre l’Homme et le loup en France sont complexes, faites de peurs ancestrales (principalement chez les urbains et les néo-ruraux de l’industrie agricole) mais aussi d’un intérêt croissant pour cette espèce emblématique.
Craintes et opposants
Une partie de l’opinion, notamment certains industriels ovins et chasseurs, voient d’un mauvais œil le retour du prédateur, invoquant des risques pour les bêtes de rente et pour la faune sauvage. Ce rejet s’explique par des siècles de diabolisation et de persécution du loup.
Soutiens et défenseurs
Les associations de protection du Vivant comme Le Klan du Loup militent activement pour la défense du loup en France. Elles mettent en avant son rôle écologique et considèrent son retour comme le succès d’une politique de protection efficace. L’espèce suscite un engouement croissant auprès du grand public, particulièrement en zone rurale.
Vivre ensemble
La cohabitation Homme-loup est possible moyennant des mesures adaptées de protection des troupeaux par des chiens de protection, des parcs électrifiés, la surveillance humaine ou l’effarouchement. L’information et la concertation entre tous les acteurs du territoire sont essentielles.
Le loup a fait un retour remarquable en France depuis 30 ans. Pour que cette conservation réussie perdure, un juste équilibre doit être trouvé entre protection de l’espèce et acceptation locale. L’avenir dira si le prédateur sauvage a de nouveau sa place dans les campagnes et montagnes françaises, comme le souhaitent une très grandes majorité de Français.
Le lynx boréal en France : biologie, répartition et actions de conservation
Le lynx boréal (Lynx lynx) est un magnifique félin qui fait son grand retour en France après avoir frôlé l’extinction. Autrefois présent partout en France, le lynx a progressivement disparu au cours du XXe siècle, ne subsistant plus que dans le massif jurassien à la frontière franco-suisse. Grâce aux efforts de conservation entrepris depuis les années 1970, l’aire de répartition du lynx s’est agrandie, même s’il reste menacé et que ses effectifs demeurent fragiles.
Description et caractéristiques du lynx
Le lynx boréal est le plus grand félin d’Europe. Il se distingue par sa fourrure tachetée, ses pattes puissantes et sa queue courte munie d’un pinceau noir à l’extrémité. Voici ses principales caractéristiques physiques :
- Poids : 15 à 30 kg pour le mâle, 10 à 20 kg pour la femelle.
- Longueur : 80 à 130 cm du museau à la base de la queue.
- Taille au garrot : 60 à 75 cm.
- Pelage : beige à brun roux moucheté de taches noires
Grâce à ses pattes musclées et ses coussinets qui l’isolent du froid, le lynx est parfaitement adapté pour se déplacer rapidement en milieu montagnard enneigé. Ses longues moustaches et ses oreilles triangulaires surmontées de pinceaux de poils noirs lui offrent une ouïe et une vue très développées.
Habitat et comportement du lynx
Le lynx boréal est un animal forestier, inféodé aux massifs montagneux et aux forêts denses. Solitaire, il défend farouchement son territoire contre ses congénères. Son domaine vital est très étendu : entre 100 et 300 km2.
Discret et mystérieux, le lynx est actif principalement la nuit. Il se repose le jour, tapi dans des rochers escarpés ou des fourrés. Grâce à son pelage tacheté qui le camoufle, il passe souvent inaperçu. Le lynx communique avec ses congénères par des cris rauques et feulements, surtout pendant la période de reproduction entre février et avril.
Alimentation et techniques de chasse
Le lynx est un prédateur qui se nourrit presque exclusivement de gibier vivant. À l’affût ou en embuscade, il capture des proies de taille moyenne comme le chevreuil, le chamois et le cerf. Il s’attaque plus rarement à de gros gibiers comme le sanglier ou de petites proies (lièvres, oiseaux, etc).
Sa technique de chasse favorite consiste à guetter sa proie des heures durant, tapi et immobile dans un sous-bois ou derrière un rocher. Une fois sa proie repérée, le lynx bondit en quelques foulées puissantes et la terrasse. Ses proies favorites dans les forêts françaises sont le chevreuil et le chamois. Un lynx consomme en moyenne 1 kg de viande par jour.
Reproduction du lynx
La reproduction a lieu en février-mars. Après l’accouplement, la femelle met bas entre mai et juin, dans un lieu calme et isolé comme une grotte ou un tronc creux. Elle donne naissance à 2 ou 3 chatons qui resteront avec elle pendant 9 à 10 mois. À l’âge d’un an, les jeunes lynx quittent leur mère et partent en quête de leur propre territoire. La maturité sexuelle intervient vers l’âge de 2 ans.
L’espérance de vie du lynx est de 12 à 15 ans à l’état sauvage.
Répartition du lynx en France
Autrefois présent partout en France, le lynx a disparu au cours du XXe siècle en raison de la chasse et de la destruction de son habitat forestier. Dans les années 1970, il ne subsistait plus qu’une centaine d’individus, uniquement dans le massif du Jura.
Grâce à sa protection juridique et à des opérations de réintroduction, le lynx a progressivement reconquis des territoires depuis les années 1990. On distingue aujourd’hui 4 noyaux de population :
- Massif jurassien : population la plus importante, qui s’étend de la Suisse jusqu’au Doubs et à la Haute-Saône.
- Vosges : quelques dizaines d’individus, sous-population connectée à celle du Jura.
- Alpes : implantation plus récente dans le Mercantour et une partie des Alpes.
- Jura méridional : très petit noyau isolé dans l’Ain et le Jura
Les effectifs totale sont estimés entre 150 et 180 individus en 2022. Le lynx reste donc une espèce très fragile en France, d’autant plus qu’il fait face à de multiples menaces.
Menaces et protection du lynx
Bien que protégé par la loi, le lynx doit encore faire face à plusieurs menaces susceptibles de fragiliser les populations :
- Destruction illégale (braconnage, piégeage).
- Collision routière, principale cause de mortalité.
- Fragmentation de son habitat forestier.
- Conflit avec les éleveurs (prédation sur les troupeaux)
Des plans nationaux d’action visent à assurer la conservation du lynx en France. Ils préconisent notamment :
- Le suivi des populations par des inventaires réguliers.
- La sensibilisation du public et la formation des éleveurs.
- La restauration des corridors forestiers.
- La lutte contre le braconnage.
- La prise en charge des dégâts sur les troupeaux domestiques.
Grâce à ces actions, le lynx pourrait progressivement reconquérir une partie de son ancien territoire en France et voir ses populations se renforcer.
Perspectives pour le lynx en France
Bien que encore vulnérable, l’avenir du lynx en France semble prometteur à condition de maintenir les efforts de conservation sur le long terme. Les experts estiment que l’espèce pourrait occuper à nouveau une grande partie du quart Nord-Est de la France d’ici 2050, à condition :
- D’assurer la connectivité entre les noyaux de population.
- De maintenir de vastes habitats forestiers favorables.
- De poursuivre la sensibilisation du public et des techniciens de l’industrie animale.
- De renforcer la surveillance des braconnages
Le retour du lynx participe au rééquilibrage des écosystèmes français et témoigne d’une amélioration de la cohabitation entre l’Homme et la faune sauvage.
Pour en savoir davantage sur le lynx, cliquez ici pour aller sur la page Wikipédia.
